3 romans sur la Seconde Guerre mondiale

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Nous sommes le 8 mai, commémoration de la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe et rappel si besoin est que la haine de l’autre n’a jamais mené à quoi que ce soit de bon.

S’il n’est pas bon de se complaire dans le passé il ne faut pas non plus l’oublier, et je vous propose aujourd’hui trois livres sur le sujet : un classique adapté au cinéma, une autobiographie et un roman de science-fiction. J’ai essayé de choisir des textes que je vois rarement évoqués, mais si vous trouvez inadmissible que votre chouchou manque n’hésitez pas à le faire découvrir en commentaire.


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Le Choix de Sophie est un roman que vous connaissez peut-être grâce à son adaptation au cinéma en 1982, avec Meryl Streep dans le rôle principal (et que je n’ai jamais vue). Ce livre m’a été offert par mes parents à mes dix-sept ans et c’est l’un de ceux qui ont le plus marqués ma mère. Elle l’a lu lors de son séjour à la maternité à ma naissance avant de réaliser que c’était une très, très mauvaise idée au vu des thèmes abordés… J’ai des souvenirs un peu flous de ma lecture globale, mais j’ai encore en mémoire des impressions vivaces et des scènes plus précises.

Un jeune écrivain américain rencontre en 1947 Sophie, migrante polonaise rescapée des camps de la mort. À travers l’évolution de leur amitié, il comprendra mieux son parcours et la relation bien particulière qu’elle entretient avec son amant, Nathan.

Laisser quelqu’un mourir sans un au revoir, sans un adieu, sans un seul mot de réconfort ou de sympathie, c’est ce qui est horrible à supporter.

Le roman est assez dense, avec des allers-retours entre le présent (la majeure partie du roman) et le passé de Sophie. Il aborde beaucoup de thèmes, de manière ambitieuse, mais reste fluide et ne perd pas son lecteur. Les personnages sont très humains avec leurs failles et leurs forces, écrits sans manichéismes, insupportables par moments et touchants à d’autres.

C’est un roman sur les conséquences de l’horreur qui arrive pourtant à ne pas sombrer dans le mélodramatique, ce que j’ai tendance à reprocher à certains livres portant sur la période (l’exemple typique est pour moi La Voleuse de Livre de Markus Zusak, qui parait vouloir arracher des larmes au lecteur à chaque paragraphe avec les envolées tragiques et grandiloquentes de La Mort. Il le fait bien certes, mais pas très subtilement).

L’atmosphère est assez malsaine et le triangle amoureux qui se dessine, lui, est particulièrement tordu. Cela fait de ce roman une expérience de lecture très forte, qui m’avait profondément marquée à l’époque et que je compte bien relire un jour pour retrouver avec des yeux d’adulte ce qui m’avait marquée à ma première lecture.


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J’aime beaucoup Gary pour sa plume très belle, fluide et touchante qui ne cesse de m’étonner et de me ravir. À chaque roman que je lis de lui, j’ai la sensation de le redécouvrir et de pouvoir le classer directement dans mon panthéon de mes lectures favorites ; si vous ne le connaissez pas déjà je vous le conseille sans hésiter.

La promesse de l’aube est l’autobiographie de Romain Gary, traitant de son enfance et adolescence, puis de ses années en tant que pilote pendant la Seconde Guerre mondiale. Le texte est particulièrement centré sur sa relation avec sa mère à travers ses souvenirs et sa correspondance pendant toutes les années de guerre avec elle.

J’ai conservé une très grande tendresse pour les croissants. Je trouve que leur forme, leur croustillance, leur bonne chaleur, ont quelque chose de sympathique et d’amical. Je ne les digère plus aussi bien qu’autrefois et nos rapports sont devenus plus ou moins platoniques. Mais j’aime les savoir là, dans leurs corbeilles, sur le comptoir. Ils ont fait plus pour la jeunesse estudiantine que la Troisième République. Comme dirait le général de Gaulle, ce sont de bons Français.

Romain Gary offre un très beau texte sur sa relation avec sa mère, entre les agacements qu’elle lui procure et leur amour fusionnel et démesuré, qu’il peine à retrouver dans les autres strates de sa vie. La Seconde Guerre mondiale est d’ailleurs moins le sujet central du roman que l’amour maternel, même si le témoignage de l’auteur sur le sujet est passionnant.

Comme toujours avec l’écrivain, les mots sont vivants, plein d’humour et très touchants. L’homme est passionnant et ses réflexions émeuvent, que ce soit au sujet de sa mère ou de la souffrance qu’il refuse d’infliger à autrui, même avec son statut de héros de guerre.

Une belle autobiographie donc, d’un auteur à la plume fluide et captivante.


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On passe à de la SF avec ce roman de Stephen Fry, ponte absolu et touche-à-tout de la télévision britannique, de rôles académique à son duo humoristique avec Hugh Laurie, A bit of Fry and Laurie. Dans Le faiseur d’histoire, l’auteur s’empare de l’uchronie (la modification d’un élément du passé pour réécrire l’histoire) à travers le parcours d’un jeune thésard et de son professeur qui découvrent le moyen de remonter le temps et de le modifier. Ils décident donc d’arrêter l’une des plus grosse catastrophes du siècle : le nazisme.
Avec un écrivain pareil et ce sujet, ce roman de science-fiction peut difficilement ne pas intriguer !

L’énigme que j’affronte peut se définir par les déclarations suivantes:

A: Rien de ce qui va suivre n’est jamais arrivé.
B: Tout ce qui va suivre est entièrement vrai.

Essayez de vous accoutumer à ces idées. Cela signifie que ma tâche consiste à vous raconter l’histoire vraie de ce qui ne m’est jamais arrivé.

Le thème peut paraître paradoxalement assez classique (depuis Le Maître du Haut Château de Philip K. Dick, le sujet a déjà été traité plus d’une fois) mais cela n’empêche pas Le faiseur d’histoire d’être particulièrement agréable à lire. C’est un véritable thriller qui se lit avidement, fasciné par les conséquences de ces choix historiques, mâtiné en plus de comédie romantique gay bien menée et attachante évitant au texte de sombrer dans tous les clichés possible du genre.

L’humour bien anglais de Stephen Fry est présent et le tout apporte un ton bien à lui au roman à la fois très classique et saupoudré d’excentricité. La première partie prend son temps, exposant entre récit fictif et Histoire en alternant les chapitres pour un procédé rappelant La part de l’autre d’Éric-Emmanuel Schmitt, tandis que la seconde bascule dans une frénésie captivante ne lâchant pas une seconde l’attention de son lecteur.

Bref, c’est bien écrit, sympathique, sans être d’une originalité folle, mais si vous voulez découvrir une pépite de science-fiction méconnue plongez-y vous sans hésitation.


Avez-vous déjà lu ces romans ?
Quels sont vos livres préférés parlant de la Seconde Guerre Mondiale ?

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8 réflexions sur “3 romans sur la Seconde Guerre mondiale

  1. Ah ce thème ! C’est marrant parce que j’ai pensé au Choix de Sophie ce matin en me réveillant et à toi par là même du coup en me disant que c’était le prochain bouquin que j’allais m’acheter (en plus c’est mon anniversaire bientôt). Et tu en parles là maintenant. Le faiseur d’histoire me plait, je le note dans ma wish list. Et Romain Gary je dois relire parce que la première j’étais trop jeune pour apprécier La promesse de l’aube.

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    • Ah ça tombe bien alors ! Je pense qu’il y a de fortes chances pour qu’il te plaise en plus 🙂
      Et c’est vrai qu’il y a pas mal de romans qu’on lit trop jeune… Perso je voudrais relire Mme Bovary et (évidemment) Lolita (mais on en a déjà pas mal parlé).

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  2. J’ai lu les deux premiers et place directement le 3e dans ma wish-list! 🙂

    Je garde du choix de Sophie un souvenir assez flou. Bien évidemment, depuis que je suis maman, ce « choix » inoubliable me retourne encore plus le ventre, mais pour le reste… Il me semble même que j’ai refermé le livre en me disant: mouais, tout ça pour ça? L’histoire est terrible, mais le roman ne m’a pas plus emballé que ça.

    La promesse de l’aube: mon premier Gary, il me semble. C’est bien évidemment cette relation mère-fils si particulière qui me reste en tête (et qui me mettrait presque les larmes aux yeux, juste d’y repenser), la guerre servant plus de décor.

    J’ai lu récemment Un goût de Cannelle et d’espoir de Sarah McCoy, dont j’ai bien aimé le point de vue civil allemand de la guerre et la « personnification » du lebensborn.

    Aimé par 1 personne

    • Oui je comprends, c’est vrai que c’est un roman auquel on peut tout à fait ne pas accrocher, pour moi c’est vraiment cette ambiance anxiogène et les conséquences du choix toujours en sous-texte qui m’avait horrifiées.
      Un goût de cannelle et d’espoir me tente bien, il me semble que sur les lebensborn il y a Max en littérature jeunesse aussi ! (mon petit cousin adore ce roman)

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