Underwater – Yuki Urushibara

underwater_blog_avis.png

Aujourd’hui je vous parle d’un manga très estival ! Je connaissais déjà l’autrice pour sa série Mushishi, l’une de mes bande-dessinées préférées que j’ai déjà évoqué ci et là mais dont il faudra que je vous parle un jour plus en détail. Pour présenter ma relation avec son oeuvre sans trop en dire, disons que je l’ai lue pendant des périodes assez stressantes de ma vie (sisi la prépa) et que chaque tome me laissait aussi relaxée qu’après une séance de méditation.

En attendant Mushishi, voici Underwater, une lecture toute douce en deux volumes, parfaite pour ce chaud mois de juillet.

Mais de quoi ça parle ?

En juillet, en pleine canicule, la jeune Chinami s’évanouit en plein entraînement d’athlétisme. Elle se réveille au bord d’une rivière abondante, dans un village paisible et déserté de tout habitant exceptés un petit garçon et un vieil homme. Elle découvrira peu à peu le secret de ce lieu.

underwater_blog_extrait.png

Mon avis

Underwater est une jolie histoire douce et contemplative, offrant de beaux paysages mis en valeurs par une édition très soignée en grand format. L’omniprésence de l’eau est bien rendue, tantôt douce et enveloppante, tantôt dangereuse, la plupart du temps très belle et crédible, ce qui n’est pourtant pas évident à rendre en dessin, particulièrement en noir et blanc ! C’est d’ailleurs l’un des points forts du manga de parvenir à faire vraiment ressentir les éléments, que ce soit la chaleur étouffante (il faut dire que je l’ai lu avec 35 degrés à l’ombre, ça aide à se mettre en situation) ou la pluie des jours d’été et l’odeur bien caractéristique qui l’accompagne.

Comparativement, le dessin des personnages est bien moins réussi puisqu’ils ont la fâcheuse tendance à se ressembler, et donc à se mélanger. Ici, la ressemblance peut être due à l’appartenance à la même famille de plusieurs des protagonistes mais ça peut être un peu agaçant par moments. Heureusement, l’autrice montre son talent dans la transmission de leurs émotions, et les visages des personnages sont très expressifs. Ils sont plutôt attachants dans l’ensemble, mais paraissent parfois un peu prétexte à l’histoire, se laissant bien plus porter par les événements qu’ils ne les provoquent. Le manga étant très court, ceci explique probablement cela, mais on termine l’histoire sans ressentir de manque à l’idée de les quitter.

En dehors de tout cela, l’histoire est touchante, basculant parfois dans le fantastique sans que ce soit le fond du propos : on est ici face à une oeuvre sur la famille et les drames pouvant la façonner, sans mélo mais avec beaucoup de mélancolie. On suit trois générations de femmes ayant chacune une manière de vivre très différente, et les nombreux flash-back permettent en sous-texte de distinguer l’histoire des campagnes japonaises et l’exode rural. Le ton est aérien, vaporeux, nostalgique tout en restant résolument tourné vers l’avenir. Les allers-retours dans le temps laissent ensommeillés, comme un rêve, et on oscille toujours sur deux plans : la pluie et la sécheresse, le rêve et la réalité, le passé et le présent, la campagne et la ville.

underwater_manga.png

C’est finalement une lecture parfaite pour accompagner l’été et sa chaleur, douce, légère sans être superficielle, teintée de fantastique pour parler de la famille et des campagnes. Sans être un chef-d’oeuvre, je ne peux que vous conseiller cette courte lecture onirique et poétique. Je ne pense pas en garder un souvenir impérissable, mais je suis heureuse de l’avoir découverte, particulièrement en cette période de l’année.

Underwater – Yuki Urushibara (2016)
Edité chez Ki-oon en 2 tomes


Sur le même thème et que je conseille :

  • Mushishi – Yuki Urushibara : j’en parlais au début de l’article, ce manga de la même autrice est l’un de mes favoris. On y retrouve le même type d’atmosphère douce et légèrement surnaturelle que dans Underwater avec l’histoire de Ginko, un spécialiste des mushis, une forme de vie primitive pouvant causer désagréments et phénomènes surnaturels. Le début est un peu brouillon, mais rapidement la série s’installe dans l’excellence avec beaucoup d’émotion et d’intelligence. C’est beau, unique, et j’en parlerais longuement un jour.
  • Yokohama Kadaishi Kikou – Hitoshi Ashinano : à nouveau, on retrouve une atmosphère contemplative et quelques éléments fantastiques dans cette série tranche de vie. Comme dans Underwater, on retrouve aussi l’omniprésence de l’eau à chaque page. Dans un futur indéterminé, une catastrophe a causé l’engloutissement de la majeure partie du Japon par la mer. On suit l’histoire d’Alpha, un robot s’occupant d’un café en attendant le retour de son propriétaire. L’oeuvre est malheureusement trop peu connue et pas encore sortie en France (l’éditeur qui la publiera gagnera mon respect éternel), mais c’est certainement la meilleure oeuvre contemplative que j’ai jamais lu. Il se passe finalement peu de choses au fil des pages mais les personnages sont terriblement attachants et les paysages très beaux, l’atmosphère calme et relaxante sans jamais ennuyer. En attendant une éventuelle sortie officielle, vous pouvez lire la série en traduction française via ce lien, et/ou croiser les doigts pour qu’un éditeur entende mes prières !
  • Quartier Lointain – Jiro Taniguchi : pas de surprise, j’adore Taniguchi et j’ai déjà plusieurs fois parlé de Quartier Lointain, mais j’étais obligée de l’inclure dans cette sélection. Comme dans Underwater, on retrouve une histoire de voyage dans le temps pour en découvrir plus sur son histoire familiale, dans des époques proches et avec une atmosphère également douce et contemplative. Là encore, contemplatif ne rime pas avec ennui, et c’est d’ailleurs l’un des manga qui rencontre le plus de succès parmi les non-amateurs de mon entourage. J’en parlais déjà lors de mon article sur Orange d’Ichigo Takano.

conseils_underwater.png


Connaissez-vous ce manga ?
Avez-vous des lectures favorites pour l’été ?

Publicités

8 réflexions sur “Underwater – Yuki Urushibara

  1. J’avais vraiment bien aimé under water et je suis en admiration devant les quelques planches en couleurs (et les couvertures) ! Et encore une fois, tu en parles vraiment très bien.
    Quartier lointain est dans ma wish list, grâce à toi, il me semble.
    Et j’attends ton article sur Mushishi pour l’ajouter 😉

    Aimé par 1 personne

      • Mais oui, j’avais complètement oublié que c’est moi qui te l’ai fait découvrir sur le forum Exploratology! Et bien pour une fois que c’est dans ce sens là ! 😁 Je suis d’autant plus ravie qu’il t’ait plu!
        Par contre, comme je reviens d’un périple de trois jours dans les montagnes où la température n’a que rarement dépassé zéro degré, pour moi, c’est loin d’être un manga de saison 😂

        Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s